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Par Hélène Classine (5e MI)

Un succès français qui aurait beaucoup de mal à s’imposer en Amérique du Nord

Le concept

Chaque année en France, dès la fin des vendanges fin septembre, des foires aux vins sont organisées dans les supermarchés. Durant une ou deux semaines, un vaste espace est consacré aux vins, et les consommateurs peuvent y trouver un large choix de vins adapté à toutes les bourses.

"On va boire un verre ?"

Dans les plus grands supermarchés, des personnes sont spécialement employées dans ces espaces pour conseiller les clients et leur proposer une dégustation.

Ce concept commercial est profondément ancré dans la culture française. Tous les ans, les foires aux vins des supermarchés connaissent un grand succès : environ 20% des ventes annuelles de vins en France se font à cette occasion.


Comment expliquer un tel succès ?

Les foires aux vins ont été initiées par les supermarchés Leclerc et Auchan dans les années 70. D’autres supermarchés, ainsi que des marchands de vins et de liqueurs, se sont ensuite lancés.

La France et le vin
Là où dans certains pays la bière est la première boisson alcoolique (et non pas alcoolisée : voici un article de 7 pages publié sur erudit.org pour vous en convaincre !), le vin est la principale en France.

Il s’agit tout d’abord d’un des aspects majeurs de la culture française. La France est connue pour sa cuisine, qui doit toujours être accompagnée du vin le plus adapté. De plus, il représente bien plus qu’une simple boisson alcoolique : il fait partie intégrante du repas – si ce n’est tous les jours, du moins le dimanche. Traditionnellement, le vin est synonyme de fête, de plaisir et de partage.

De nombreuses études ont également démontré les bienfaits du vin (consommé modérément) sur la santé, notamment ses effets préventifs contre les maladies cardiovasculaires, le cancer et la démence !

Il faut également signaler que la France est le premier producteur de vin au monde (avant l’Italie et l’Espagne) et le troisième exportateur. 3 420 vins différents y sont produits.

Les supermarchés et le vin
Les consommateurs peuvent acheter du vin directement au producteur ou par l’intermédiaire de coopératives ou de magasins spécialisés. Cependant, 7 bouteilles sur 10 sont vendues en grande surface, où il est en général le moins cher et le plus accessible : lorsque l’on invite des amis ou de la famille à dîner,  on peut choisir le vin et de quoi préparer le repas en même temps et au même endroit, ce qui rend la tâche bien plus facile et rapide.

Une opération commerciale
Si ce concept commercial a du succès, c’est parce que les supermarchés utilisent une tradition culturelle pour mettre en avant un produit. Ce concept permet aux professionnels d’acheter de bons vins à des prix intéressants, aux consommateurs avisés de développer leur savoir et de découvrir de nouveaux produits, et aux non-spécialistes d’apprendre les bases d’œnologie.

Pourquoi ce concept ne pourrait-il pas prendre en Amérique du Nord ?

Le concept des foires aux vins aurait à faire face à de sérieux obstacles pour s’imposer aux Etats-Unis ou au Canada.

Contexte juridique
Le premier obstacle est d’ordre juridique. Dans la plupart des Etats ou provinces de chacun de ces pays, la vente d’alcool est hautement régulée. Le 21ème amendement de la Constitution américaine autorise chaque État à réglementer la vente et la consommation de boissons alcoolisées.

Il est en général interdit de vendre de l’alcool dans les grandes surfaces : seuls les magasins spécialisés en possession d’une licence en ont le droit. Il serait donc impossible d’organiser des foires aux vins dans des supermarchés.

Contexte culturel
La gastronomie et le vin ne sont pas constitutifs de la culture nord-américaine comme c’est le cas en France : même si la consommation de vin y croît rapidement, ça n’est pas encore une pratique bien ancrée.

En 2010, la consommation moyenne par personne s’élevait à 9,6 litres aux Etats-Unis, à 13,4 litres au Canada… et à presque 50 litres en France !

Dans l’hexagone, la plupart des parents permettent à leurs enfants de prendre du vin bien avant l’âge légal. Ils leur enseignent de cette façon un aspect de leur culture et de leur histoire. Ce comportement est très rare en Amérique du Nord, où le vin n’est qu’une boisson alcoolique parmi d’autres et se consomme en général en dehors des repas, n’étant pas associé à la gastronomie.

C’est aussi le contexte culturel qui explique pourquoi on trouve sur le continent américain une grande variété d’emballages (bouteilles en plastique, tétra-bricks, bouteilles en verre faciles à déboucher, etc.) ; ceux-ci existent maintenant en France mais en bien moins grande quantité, les consommateurs ayant mis longtemps à les accepter et à en acheter.

Contexte économique
D’un point de vue économique, les foires aux vins aux Etats-Unis seraient difficilement rentables, quand bien même la loi les autorisait.

Le système de distribution aux Etats-Unis est très complexe. La multitude d’intermédiaires entraîne l’augmentation des prix du marché du vin et le rend moins accessible au grand public.

Les vignobles aux Etats-Unis

Bien que les Etats-Unis soient le 1er consommateur de vin au monde(étant donné le nombre considérable de consommateurs potentiels) et le 4ème producteur, la part du vin représente moins de 10% de leur consommation totale de boissons alcooliques.

Et même si la consommation individuelle de vin a doublé en 40 ans aux Etats-Unis et a augmenté de 66% dans les 10 dernières années au Canada (!), elle reste marginale dans ces pays-là.

***

En un mot, les foires de vins de supermarchés ne pourraient probablement pas marcher… à moins que ce concept commercial ne soit adapté au contexte, en devenant par exemple des foires à la bière ?

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Marie-Agnès Latourte est responsable du Master Communication Interculturelle et Traduction (CIT) à l’Institut de Management et de Communication Interculturels. C’est aussi une ancienne élève de l’école, professeur et traductrice.

CIT & Learn : Qu’est-ce qui fait la spécificité de la formation CIT ?

La formation CIT, comme toute formation à ce niveau, évolue en permanence – par rapport à d’autres formations de traduction. Nous avons voulu introduire des modules de communication interculturelle en 4ème année pour compléter les compétences en traductologie (en langue et rédaction technique). C’est le résultat d’une étude de marché de 6 ans ; le nom originel de l’ISIT était réducteur et figé, l’école a donc changé de nom (aujourd’hui Institut Supérieur de Management et Communication Interculturels) mais elle reste toujours une école de traduction et d’interprétation, même si la formation est plus ouverte.

Nous avons fait très attention au retour des entreprises et des jeunes diplômés. Entre 30 et 50% des étudiants travaillent vraiment dans le milieu de la traduction. Nous voulions donner de véritables compétences pour travailler dans d’autres secteurs et donner une véritable dimension de gestion de projet à travers les PRA/PRE. On ne voit pas la finalité immédiate mais il y a une véritable démarche méthodologique qui est très utile par la suite dans le milieu professionnel. Le PRE (spécialité CIT) permet de s’intégrer dans l’entreprise en développant un projet avec le maître d’apprentissage ou d’autres collègues pour répondre à un besoin rendant souvent l’apprenti indispensable et débouchant parfois sur des embauches.

CIT & Learn : La préoccupation principale d’une école, en cette époque de crise de l’emploi, est probablement celle de l’insertion professionnelle. En quoi cette formation peut-elle attirer un recruteur ?


Il existe des compétences spécifiques et uniques à l’ISIT, les connaissances sont développées par les stages et les différents projets menés de front pendant la scolarité. L’Isitiste est polyvalent (il ne sait pas faire que de la traduction !), il comprend rapidement les instructions. Des étudiants se retrouvent en stage dans des environnements parfois très techniques et inconnus (Orange, Geodis, EDF)  et s’adaptent rapidement. Les recruteurs apprécient le parcours professionnel des étudiants grâce aux stages et apprentissages (qui sont très importants et valorisés); beaucoup de soft skills sont aussi appréciés : le savoir-être, la curiosité, le respect d’autrui mais également l’interculturalité (savoir s’adapter à l’autre et savoir écouter).

CIT & Learn : Que fait l’école pour favoriser l’insertion professionnelle en plus de redéfinir la formation ?


Tout d’abord, l’école a mis en place une politique de parcours d’intégration professionnelle, et les étudiants sont bien sûr directement impliqués. Il y a des stages dès la première année, là où auparavant ils ne commençaient qu’en 3ème année. Les stages sont plus longs et obligatoirement à l’étranger selon les années. Nous avons essayé de développer nos relations avec l’APEC depuis 5 ans : ils viennent sensibiliser les étudiants dès la première année sur le parcours professionnel et les démarches. Il y a aussi les simulations d’entretien au cours de la 4ème et la 5ème année face à de vrais professionnels RH qui ont un regard neutre et objectif.

Ensuite, nous avons mis l’accent sur l’apprentissage, qui est tout récent pour la section MI. Il y a bien sûr toute une partie que les étudiants ne voient pas : les relations avec les entreprises, comme par exemple des petits-déjeuners organisés avec des maîtres d’apprentissages potentiels ou des entreprises provenant du réseau d’anciens. Certains apprentis viennent témoigner mais cela reste plus un rendez-vous école-entreprise. Nous avons mis en valeur l’année de césure : de plus en plus d’étudiants partent pour un an en France ou à l’étranger. Nous visitons aussi les entreprises où sont en poste les apprentis ; il est important de développer le contact humain avec l’école et voir les conditions de travail des étudiants.

On se rend vraiment compte lors de la rédaction du CV que les stages, l’apprentissage et même parfois le MTA  (Mémoire de Traduction Appliquée à faire en 4eme année) jouent beaucoup : ce sont des compétences professionnelles qui incitent au recrutement.

CIT & Learn : Quel équilibre pensez-vous qu’il faille trouver, dans l’optique de favoriser l’insertion professionnelle, entre les enseignements “pratiques” et les enseignements “théoriques” ?


C’est une question intéressante mais en tant que linguiste, le terme équilibre ne me paraît pas le plus adapté. Prenons la définition du Petit Robert : “Egalité de force entre deux ou plusieurs éléments qui s’opposent ou alors état de stabilité et d’harmonie qui en résulte” …ce qui me paraît déjà plus adéquat. Nous ne cherchons pas un rapport de force ; il est vrai que la formation évolue en permanence, ce qui perturbe souvent les étudiants mais “Qui n’avance pas recule” (Mme Mériaud-Brischoux) : il vaut mieux parler de complémentarité. L’enseignement pratique et théorique se complètent. Les apprentis s’en aperçoivent très rapidement grâce au double-regard en entreprise, ce qui leur permet de comprendre plus rapidement des cours très techniques (XML, SQL).

CIT & Learn : En quoi l’ISIT est l’endroit idéal pour comprendre l’interculturalité ? Quels sont les points forts ? Auriez-vous un exemple précis pour illustrer votre propos ? Etes-vous témoin de situations d’interculturalité au moment de faire des échanges avec des universités partenaires ?


Tout d’abord, la composition du corps enseignant reflète parfaitement l’interculturalité, avec sa variété de langues, de cultures et donc d’approches pédagogiques différentes. Il y a également beaucoup d’étudiants METS et Erasmus. Tout ceci nous permet de nous rendre compte de toutes les différentes approches de la traduction ; la langue est bien le reflet d’une culture et d’une personnalité. Comme le dirait Michel Bouthot, “Apprendre une autre langue, c’est comme le commencement d’une autre vie” ; ou une autre que j’aime beaucoup : “Acquérir une autre langue, c’est acquérir un supplément d’âme”. On s’enrichit, on découvre, enfin il faut découvrir la culture au sens large.

Je suis allée à Londres pour un projet européen avec l’université de Westminster pour un Long Live Term Program (deux ans), pour le programme PICT (Promoting Intercultural Competence in Translation) avec des Italiens, des Polonais, des Anglais et des Norvégiens entre autres pour pouvoir introduire la compétence interculturelle dans les formations (ce que fait déjà l’ISIT) ; nous avons eu une discussion intéressante sur la compréhension du terme “framework”. Les Anglais le comprenaient comme un terme ouvert, plutôt des lignes directrices contrairement aux Norvégiens ou aux Polonais qui voyaient plutôt un cadre plus fermé et bien balisé (“Rahmen ” en allemand = cadre).


Frédérique De Graeve (responsable du Master Management Interculturel) :

Je peux ajouter un exemple: nous avons une ancienne étudiante travaillant chez XXX pour organiser un transfert de compétences RH vers la Roumanie; elle devait s’y rendre régulièrement pour former des gens, et ainsi faciliter le transfert, mais les Roumains (en raison du régime communiste) ne reconnaissaient pas l’étudiante en tant que porteuse de l’autorité : pour eux il n’y a qu’un chef, et celui-ci devait se déplacer en personne pour qu’ils puissent prendre en compte tous les changements et les formations à mettre en place.


Marie-Agnès Latourte : il est essentiel de comprendre les codes d’un pays lors de la conduite d’un projet à l’international pour pouvoir être efficace et le mener à bien. Plus on va loin, plus cela devient flagrant.

CIT & Learn : Dans le monde professionnel, quel atout majeur pensez-vous qu’une expertise en interculturalité apporte?


Cela apporte une meilleure connaissance des méthodes de travail pour pouvoir travailler sur des projets concrets, d’anticiper (mails, délais de réponse, gérer des négociations : les Coréens, par exemple, ne vont pas parler pendant la réunion mais attendront la fin pour pouvoir donner leur opinion et faire part de leurs remarques).

Prenons l’exemple d’une campagne de Coca-Cola dans le golfe Persique : ils ne se sont pas assez penché sur la communication du pays, ils ont choisi le désert qui semblait adapté aux pays Arabes mais ont oublié que ces derniers lisent de droite à gauche ! Le message était lu complètement à l’envers. En tant que linguiste, on se demande automatiquement comment le message va être perçu.

Le message que voulait faire passer Coca Cola : boire du Coca redonne de l'énergie !

Le message que voulait faire passer Coca Cola

et le résultat….

Le message qui est passé... boire du Coca est mauvais pour la santé (surtout au milieu du desert)

CIT & Learn : Au fil des années, l’Isit et les caractéristiques de la formation ont évolué pour s’adapter au monde moderne, de plus en plus multiculturel et rapide. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet?


Si on regarde quelques années en arrière, on pourrait plutôt parler de révolution que d’évolution, en particulier dans la filière CIT. Nous avons essayé de nous adapter aux demandes des entreprises et des experts en interculturalité. La demande de traducteurs diminuait (moins de services de traduction au sein des entreprises, agences cassant les prix..), il n’était pas possible de former des promotions de 100 traducteurs en sachant que seulement 10 trouveraient du travail. Maintenant, on se rend compte que la tendance s’inverse, en particulier grâce aux organisations internationales où beaucoup de traducteurs partent à la retraite. Il y a une grande campagne de recrutement en ce moment. Le cursus est aussi, ne l’oublions pas, passé de 4 à 5 ans.


De plus, nous essayons de développer des réseaux avec les entreprises (développement de l’apprentissage), mais aussi des réseaux d’écoles et d’universités (FESIC, METS, SFT, CGE, FIT, CIUTI…) ; on s’ouvre au monde extérieur en encourageant les échanges, avec comme nouveauté cette année l’ouverture du service international dirigé par Marina Burke.

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Site de l’ISIT

Descriptif de la formation CIT et liste des cours (PDF)

Informations sur les stages

Les métiers de l’ISIT (vidéo)

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 – Les affiches québécoise, française et américaine de «Sex Friends» –

Vous vous posez sans doute vous aussi la question : pourquoi certains titres de films sont-ils traduits et d’autres pas ? Pourquoi certains titres anglais sont-ils traduits par un autre titre en anglais ?

On ne compte plus les bloggers narquois qui dressent des listes de traductions… disons, surprenantes :

  • Made in Dagenham > We Want Sex Equality (?)
  • Not another teen movie > Sex Academy(??)
  • Paradise Alley > La Taverne de l’enfer (???)

Câlice, ça n’est rien comparé à nos cousins québécois ! La protection de la langue française, outre atlantique, peut mener très loin :

  • Pulp Fiction > Fiction pulpeuse…
  • Waiting to Exhale > Vénus dans la Vierge…
  • Chicken Run > Poulets en fuite…
  • Legally Blonde 2 > Blonde et Légale 2…
  • Ghost > Mon fantôme d’amour…
  • Scary Movie > Film de peur !!!

On pourrait étendre ce jeu à tous les pays (les Espagnols y sont aussi très forts), mais je vais me contenter pour le moment de parler des films américains et britanniques importés en France.

Au-delà des sarcasmes et des quelques tendances générales repérées par nos chers bloggers (caser « sex »  ou « American » pour vendre du rêve, placer « mort » ou « enfer » pour faire croire à un film profond, supprimer le « The » pour éviter de se ridiculiser…), ce sujet mérite plus ample analyse : qui décide quoi ? Est-ce une question de réglementation ?

Toutes les boîtes de distribution cinématographique pratiquent le retitrage. Il arrive que les distributeurs lancent des sondages (comme pour The Reader), voire des concours de traduction (comme pour le film de Tarantino Deathproof, traduit par Boulevard de la mort)… Bref, le processus peut durer plusieurs mois !

Selon une étude publiée en 2010 sur Slate.fr, « 57% des 200 films américains sortis en France en 2009 et 2010 par les 7 plus gros distributeurs ont été retitrés en français, et 43% avaient un titre anglais (35% leur titre original, 8% retitrés en anglais) ».
Lire le détail des statistiques

« Il n’existe bien sûr pas de recette que les distributeurs appliquent à telle ou telle catégorie de films, précise l’auteur de cette étude. Même si l’on peut dégager quelques grands principes, il y aura toujours des exceptions qui viendront confirmer les règles suivantes :

  1. On traduit les titres des films pour enfants
  2. On change ou on traduit les titres qui ne veulent rien dire pour des Français (No Strings attached est ainsi devenu Sexfriends : ça a le mérite d’être clair !)
  3. On traduit ou on change si le titre en anglais est trop compliqué à prononcer et/ou à mémoriser
  4. On garde le titre original des films de genre
  5. On garde le titre français du livre qui a inspiré une adaptation

Au même titre que l’affiche, la bande-annonce et la campagne publicitaire, le titre fait en fait partie de la stratégie marketing du film, elle-même fondée sur des valeurs culturelles. On décide de la cible, de l’image qu’on veut en donner, de son positionnement, et le processus interculturel intervient à chacune de ces étapes (à noter : il se limite ici aux cultures nationales, la distribution des films se faisant pays par pays).

Les titres de films tirent leur valeur de 3 facteurs : sonorités, connotations, références.

  • Sonorités :
           
              Affiche américaine                                  Affiche française

« Chevalier et jour » n’a clairement pas une résonance très harmonieuse… On préfère donc encore une fois céder à l’attrait de l’exotisme (et surtout de l’anglais). Et au cas où le mot « knight » ait à l’époque échappé à nos révisions, mieux vaut carrément laisser tomber le jeu de mot !

  • Connotations :

              Affiche américaine                                  Affiche française

« La logique, comme on peut le lire dans l’article de Slate.fr, aurait voulu reprendre le titre du livre en France, Le Liseur, mais l’équipe craignait que, dans l’inconscient collectif français, ce titre trop « intello » ne traduise pas l’émotion et la tension dramatique du film. Un organisme de test a montré une affiche « The Reader » à 500 personnes et une affiche « Le Liseur » à 500 autres, et en a conclu que « Le Liseur » avait tendance à repousser, contrairement à « The Reader » ».
  • Références :
          
            Affiche américaine                                  Affiche française
Comme le signale encore l’auteur de l’étude, « « The Greek » faisant référence à un théâtre de Los Angeles, il n’évoquerait rien au public français. Retitrage donc, mais retitrage en anglais, avec « American », caution cool assurée, et « Trip », qui évoquera peut-être le succès qu’a été en 2009 Very Bad Trip ? »

Bref, le retitrage n’est pas un jeu à celui qui trouve la traduction la plus insensée : c’est bel et bien une démarche emblématique de la communication interculturelle.

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Que ce soit dans un cadre professionnel ou lors d’un séjour à l’étranger, il peut arriver que vous ayez besoin de communiquer avec des personnes de cultures différentes. Au cours de ma formation et de mes différentes immersions dans des pays étrangers, j’ai pu faire l’expérience de ces situations, voici donc quelques conseils pour vous en sortir :

A faire

  • Essayez de garder l’esprit ouvert : détachez-vous des clichés et des stéréotypes. J’ai travaillé cet été avec une collègue russe qui me disait qu’on lui parlait automatiquement de vodka, armes et du KGB… Quelque chose de particulièrement énervant !

  • Essayez de passer le plus de temps possible avec les étrangers que vous rencontrez : ce sera la meilleure façon d’apprendre à les connaître et à les comprendre.

  • Renseignez-vous néanmoins sur les habitudes du pays dans lequel vous vous rendez : le langage corporel par exemple peut énormément varier d’un pays à l’autre. A Chypre, lever la main pour remercier un automobiliste qui vous laisse passer est considéré comme une insulte. En Thaïlande, finir son assiette si quelqu’un vous invite à manger sera une offense : la personne aura l’impression qu’elle ne vous pas assez nourri !

A éviter

  • Ne partez pas du principe que vous serez compris : même si vous parlez la même langue que votre interlocuteur, gardez à l’esprit que les accents et les expressions peuvent varier énormément. Lorsque je vivais en Angleterre, je partageais une maison avec onze autres étudiants venant de neuf pays différents. Écossais, Irlandais, Anglais, Américains … Tous parlaient la même langue et pourtant, je me suis rendu compte qu’il leur arrivait de ne pas se comprendre ! « To be pissed », par exemple, signifie « être énervé » en anglais américain alors que les britanniques l’utilisent pour dire qu’ils sont soûls, ce qui a pu donner lieu à quelques conversations cocasses entre mes colocataires ! Imaginez alors ce que peut donner une conversation entre deux personnes parlant anglais mais dont ce n’est pas la langue maternelle…

  • N’essayez pas de comprendre des concepts culturels étrangers en vous basant sur les us et coutumes de votre propre pays. Dans les pays occidentaux, un mariage arrangé est généralement vu comme quelque chose de très péjoratif et l’on considère souvent que la jeune fille a été forcée à prendre un homme pour époux. Dans certaines cultures en revanche, il s’agit de quelque chose de tout à fait normal.

  • Évitez à tout prix de noyer la personne que vous rencontrez sous des questions « clichées » : très souvent, les étrangers ayant appris que j’étais française me demandaient automatiquement des conseils pour choisir le vin (et je n’y connais absolument rien !) et essayaient de me dire des choses en français… qui étaient souvent incompréhensibles !

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La culture et l’interculturalité, nous baignons dedans en permanence. La plupart du temps nous ne nous rendons même pas compte de son impact dans nos échanges interpersonnels du quotidien.

Pourquoi les américains ont-ils souvent plus de facilité à aller vers les autres (y compris leurs supérieurs hiérarchiques) que les français? Pourquoi les gens originaires des pays de l’est donnent-ils souvent une première impression de froideur, alors que ce n’est pas leur intention?

Toutes ces questions que nous nous posons, ces situations décalées que nous vivons, tout cela relève de l’interculturalité.

Et pour bien s’entendre, dans tout ça, comment faire? Il existe une discipline appelée « communication interculturelle » qui, ne nous voilons pas la face, vise surtout à anticiper ou régler d’éventuels conflits dans le monde professionnel liés à des incompréhensions qui seraient nées de différences culturelles. Bien sûr, elle s’attache aussi à améliorer la compréhension et la tolérance sans passer par la case ‘conflit’.

Parfois, ces différences que les nationalistes et patriotes aiment tant mettre en valeur peuvent générer des situations cocasses. Dernier exemple en date : l’affiche du film « Les aventures de Tintin : le Secret de la Licorne ».

Un membre de ma famille ayant aperçu l’affiche dans le métro parisien, m’envoie un SMS : « Steven Spielberg est mort..? »

Panique à bord. WHAT?! Hein?! Comment cela? Je n’ai rien entendu de semblable! Je me rue sur Internet, surfe sur les sites et les différentes pages susceptibles de m’éclairer mais non, rien. Personne ne fait mention d’une telle tragédie.

Incompréhension totale. Je demande autour de moi, une amie me dit que mardi soir il était à l’avant première des « Aventures de Tintin: le Secret de la Licorne », près du Grand Rex, qu’elle l’a vu, qu’il avait l’air d’aller bien… bref, pas vraiment un mort vivant.

Après investigation plus poussée, j’ai trouvé la clef du mystère: il se trouve qu’en Pologne, pays dont je suis originaire, lorsqu’on encadre le nom de quelqu’un sur une affiche cinématographique (ce qui est le cas pour Steven Spielberg sur l’affiche du film), c’est que l’œuvre a été rendue publique après le décès de ladite personne! C’est un hommage posthume, et non une solution graphique simple pour mettre encore plus en valeur le nom de Spielberg sur l’affiche.

Stupeur et soulagement. Après discussion avec l’auteur du SMS, j’ai dû expliquer qu’en France, encadrer le nom de quelqu’un ne voulait pas dire qu’il avait rejoint Steve Jobs au paradis…et que les graphistes français n’allaient sûrement pas prendre en compte ce détail culturel polonais dans la réalisation de leurs affiches destinées à un public majoritairement français qu’un vulgaire cadre ne fera pas tiquer.

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A première vue, répondre à la question « Qu’est-ce que la communication interculturelle ? » n’a pas l’air d’être si compliqué: il s’agit de la communication entre cultures différentes. Cependant, qu’est-ce que la culture ? Comment peut-on la définir ?

On voit parfois la culture comme quelque chose d’abstrait et lointain.  Nous savons tous instinctivement ce que c’est mais quand il s’agit de la décrire, c’est le trou blanc. Cependant, un petit aperçu à l’intérieur même du concept de culture nous permet de mieux comprendre la communication interculturelle. Je ferais de mon mieux pour vous décrire la culture par la suite et la rendre un peu plus accessible et concrète.

La culture est un ensemble de croyances, valeurs, attitudes et façons de penser et d’agir partagée par un groupe. Comme le disait l’anthropologue Clifford Geertz : «  La Culture est un ensemble de mécanismes de contrôles – plans, recettes, lois, règles– pour contrôler le comportement ».  Le psychologue social néerlandais Geert Hosftede a défini la culture comme « la programmation mentale et collective de personnes dans un environnement ».

Lorsque l’on demande aux gens de définir le mot culture, ils répondent souvent qu’elle est partagée par ceux qui parlent la même langue ou qui ont la même nationalité. Cependant, le terme « culture » ne s’applique pas forcement aux seuls groupes nationaux ou ethniques. Il peut aussi s’appliquer aux groupes au sein même d’une société, sur plusieurs niveaux. Des personnes du même âge peuvent partager une culture tout comme ceux avec une profession commune, travaillant dans la même entreprise ou ayant les même croyances. La liste est quasi infinie : culture du pays, de l’entreprise, de l’âge…

Cette infinité de variantes sous-entend que la communication interculturelle est un vaste domaine.  Il n’y a pas seulement la communication entre des personnes ne parlant pas la même langue mais également entre des personnes d’âge différent ou entre deux entreprises avec des pratiques à l’opposé. Bienvenue dans le monde fascinant et en perpetuel changement de la communication interculturelle !

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