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Nous avons tous des pensées stéréotypées à propos de certaines cultures, parfois basées sur nos propres expériences, parfois pas du tout. Pensons au Néerlandais avare avec les cheveux blonds et le pantalon trop court, à l’Anglais galant et bien stylé qui sirote son thé, pensons au Casanova espagnol qui fait une petite sieste, à l’Allemand ponctuel ou au Russe froid qui n’a aucun problème à enchaîner les verres de vodka…

Les stéréotypes sont de tous les temps et de toutes les cultures, et ils sont confirmés et renforcés davantage par leur présence dans la littérature et dans les médias. La discipline qui s’occupe de cette création d’image s’appelle l’imagologie. Malgré le fait que la recherche imagologique est rare, c’est tres intéressant. Un vrai pionnier de ce domaine est Joep Leerssen, professeur de littérature européenne moderne au sein de l’Université d’Amsterdam. Il a publié le livre Imagology. The cultural construction and literary representation of national characters, dans lequel des stéréotypes de différentes cultures et nationalités à travers l’histoire sont décrits.

Une approche plus récente, on la retrouve chez Ferber & Davies. Dans leur livre Pardon our French: French Stereotypes in American Media, ils se focalisent surtout sur l’image que les Américains ont des Français. Ils sont entre autres perçus comme romantiques, séduisants, antipathiques, arrogants, pédants, autoritaires, chamailleurs, négatifs, égoïstes, immoraux, gourmets et élégants. En plus, ils sentent mauvais, ils ne se rasent pas, ils discutent sans prendre des décisions, ils ne respectent pas les règles, les échéances et les procédures, ils font la grève tout le temps et ils fument constamment.

Ces stéréotypes sont entre autres confirmés dans les romans de Stephen Clarke, comme God save la France et God save les Françaises. Clarke est un auteur britannique qui habite depuis longtemps en France. Ses romans – originalement en anglais – décrivent d’une façon humoristique l’intégration du protagoniste, l’Anglais Paul West, en France. Les différences culturelles entre la France et l’Angleterre sont amplement décrites, juste comme de nombreux aspects de la culture française. West va à Paris avec des opinions fortement stéréotypées et une fois arrivé, il vérifie si tous ces clichés sont vrais ou complètement inventés.

Pour conclure, quelques passages drôles de God save la France, remplis de stéréotypes français :

  • OK, tout ça est très constructif, dit Jean-Marie. Une vraie réunion à l’anglaise. On prend des décisions. Des décisions? On n’arrive pas à se mettre d’accord, donc on engage un consultant qui se laisse corrompre pour retenir les idées les plus bêtes. À moi, ça ne paraissait pas très constructif.

  • HLM (Elle épela le mot en anglais.) Ça veut dire habitation a loyer modéré. Des appart’ pas chers. (Elle gloussa.) Mais les occupants sont tous avocats, médecins, etc. ou fils et filles et amis de politiciens. Papa m’a eu le mien par un copain à l’Hôtel de Ville.

  • Il expliqua que le serveur voulait encaisser maintenant car, comme tous les serveurs syndiqués de Paris – soit la majorité des pingouins en veste noire, presque tous mâles, bizarrement -, il se mettait en grève à partir de maintenant, 13 heures.

  • Aux autres tables, les gens se lançaient dans le même deal mais le serveur les engueulait ou les ignorait.

Des informations supplémentaires :

Une petite vidéo sur le Français stéréotypé :

http://www.youtube.com/watch?v=ERD2TnMNH98 (version anglaise)

http://www.youtube.com/watch?v=OCIAyHEFTrQ&feature=relmfu (version française)

Plus d’informations sur Stephen Clarke et ses romans :

http://www.stephenclarkewriter.com

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Par Hélène Classine (5e MI)

Un succès français qui aurait beaucoup de mal à s’imposer en Amérique du Nord

Le concept

Chaque année en France, dès la fin des vendanges fin septembre, des foires aux vins sont organisées dans les supermarchés. Durant une ou deux semaines, un vaste espace est consacré aux vins, et les consommateurs peuvent y trouver un large choix de vins adapté à toutes les bourses.

"On va boire un verre ?"

Dans les plus grands supermarchés, des personnes sont spécialement employées dans ces espaces pour conseiller les clients et leur proposer une dégustation.

Ce concept commercial est profondément ancré dans la culture française. Tous les ans, les foires aux vins des supermarchés connaissent un grand succès : environ 20% des ventes annuelles de vins en France se font à cette occasion.


Comment expliquer un tel succès ?

Les foires aux vins ont été initiées par les supermarchés Leclerc et Auchan dans les années 70. D’autres supermarchés, ainsi que des marchands de vins et de liqueurs, se sont ensuite lancés.

La France et le vin
Là où dans certains pays la bière est la première boisson alcoolique (et non pas alcoolisée : voici un article de 7 pages publié sur erudit.org pour vous en convaincre !), le vin est la principale en France.

Il s’agit tout d’abord d’un des aspects majeurs de la culture française. La France est connue pour sa cuisine, qui doit toujours être accompagnée du vin le plus adapté. De plus, il représente bien plus qu’une simple boisson alcoolique : il fait partie intégrante du repas – si ce n’est tous les jours, du moins le dimanche. Traditionnellement, le vin est synonyme de fête, de plaisir et de partage.

De nombreuses études ont également démontré les bienfaits du vin (consommé modérément) sur la santé, notamment ses effets préventifs contre les maladies cardiovasculaires, le cancer et la démence !

Il faut également signaler que la France est le premier producteur de vin au monde (avant l’Italie et l’Espagne) et le troisième exportateur. 3 420 vins différents y sont produits.

Les supermarchés et le vin
Les consommateurs peuvent acheter du vin directement au producteur ou par l’intermédiaire de coopératives ou de magasins spécialisés. Cependant, 7 bouteilles sur 10 sont vendues en grande surface, où il est en général le moins cher et le plus accessible : lorsque l’on invite des amis ou de la famille à dîner,  on peut choisir le vin et de quoi préparer le repas en même temps et au même endroit, ce qui rend la tâche bien plus facile et rapide.

Une opération commerciale
Si ce concept commercial a du succès, c’est parce que les supermarchés utilisent une tradition culturelle pour mettre en avant un produit. Ce concept permet aux professionnels d’acheter de bons vins à des prix intéressants, aux consommateurs avisés de développer leur savoir et de découvrir de nouveaux produits, et aux non-spécialistes d’apprendre les bases d’œnologie.

Pourquoi ce concept ne pourrait-il pas prendre en Amérique du Nord ?

Le concept des foires aux vins aurait à faire face à de sérieux obstacles pour s’imposer aux Etats-Unis ou au Canada.

Contexte juridique
Le premier obstacle est d’ordre juridique. Dans la plupart des Etats ou provinces de chacun de ces pays, la vente d’alcool est hautement régulée. Le 21ème amendement de la Constitution américaine autorise chaque État à réglementer la vente et la consommation de boissons alcoolisées.

Il est en général interdit de vendre de l’alcool dans les grandes surfaces : seuls les magasins spécialisés en possession d’une licence en ont le droit. Il serait donc impossible d’organiser des foires aux vins dans des supermarchés.

Contexte culturel
La gastronomie et le vin ne sont pas constitutifs de la culture nord-américaine comme c’est le cas en France : même si la consommation de vin y croît rapidement, ça n’est pas encore une pratique bien ancrée.

En 2010, la consommation moyenne par personne s’élevait à 9,6 litres aux Etats-Unis, à 13,4 litres au Canada… et à presque 50 litres en France !

Dans l’hexagone, la plupart des parents permettent à leurs enfants de prendre du vin bien avant l’âge légal. Ils leur enseignent de cette façon un aspect de leur culture et de leur histoire. Ce comportement est très rare en Amérique du Nord, où le vin n’est qu’une boisson alcoolique parmi d’autres et se consomme en général en dehors des repas, n’étant pas associé à la gastronomie.

C’est aussi le contexte culturel qui explique pourquoi on trouve sur le continent américain une grande variété d’emballages (bouteilles en plastique, tétra-bricks, bouteilles en verre faciles à déboucher, etc.) ; ceux-ci existent maintenant en France mais en bien moins grande quantité, les consommateurs ayant mis longtemps à les accepter et à en acheter.

Contexte économique
D’un point de vue économique, les foires aux vins aux Etats-Unis seraient difficilement rentables, quand bien même la loi les autorisait.

Le système de distribution aux Etats-Unis est très complexe. La multitude d’intermédiaires entraîne l’augmentation des prix du marché du vin et le rend moins accessible au grand public.

Les vignobles aux Etats-Unis

Bien que les Etats-Unis soient le 1er consommateur de vin au monde(étant donné le nombre considérable de consommateurs potentiels) et le 4ème producteur, la part du vin représente moins de 10% de leur consommation totale de boissons alcooliques.

Et même si la consommation individuelle de vin a doublé en 40 ans aux Etats-Unis et a augmenté de 66% dans les 10 dernières années au Canada (!), elle reste marginale dans ces pays-là.

***

En un mot, les foires de vins de supermarchés ne pourraient probablement pas marcher… à moins que ce concept commercial ne soit adapté au contexte, en devenant par exemple des foires à la bière ?

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Que ce soit dans un cadre professionnel ou lors d’un séjour à l’étranger, il peut arriver que vous ayez besoin de communiquer avec des personnes de cultures différentes. Au cours de ma formation et de mes différentes immersions dans des pays étrangers, j’ai pu faire l’expérience de ces situations, voici donc quelques conseils pour vous en sortir :

A faire

  • Essayez de garder l’esprit ouvert : détachez-vous des clichés et des stéréotypes. J’ai travaillé cet été avec une collègue russe qui me disait qu’on lui parlait automatiquement de vodka, armes et du KGB… Quelque chose de particulièrement énervant !

  • Essayez de passer le plus de temps possible avec les étrangers que vous rencontrez : ce sera la meilleure façon d’apprendre à les connaître et à les comprendre.

  • Renseignez-vous néanmoins sur les habitudes du pays dans lequel vous vous rendez : le langage corporel par exemple peut énormément varier d’un pays à l’autre. A Chypre, lever la main pour remercier un automobiliste qui vous laisse passer est considéré comme une insulte. En Thaïlande, finir son assiette si quelqu’un vous invite à manger sera une offense : la personne aura l’impression qu’elle ne vous pas assez nourri !

A éviter

  • Ne partez pas du principe que vous serez compris : même si vous parlez la même langue que votre interlocuteur, gardez à l’esprit que les accents et les expressions peuvent varier énormément. Lorsque je vivais en Angleterre, je partageais une maison avec onze autres étudiants venant de neuf pays différents. Écossais, Irlandais, Anglais, Américains … Tous parlaient la même langue et pourtant, je me suis rendu compte qu’il leur arrivait de ne pas se comprendre ! « To be pissed », par exemple, signifie « être énervé » en anglais américain alors que les britanniques l’utilisent pour dire qu’ils sont soûls, ce qui a pu donner lieu à quelques conversations cocasses entre mes colocataires ! Imaginez alors ce que peut donner une conversation entre deux personnes parlant anglais mais dont ce n’est pas la langue maternelle…

  • N’essayez pas de comprendre des concepts culturels étrangers en vous basant sur les us et coutumes de votre propre pays. Dans les pays occidentaux, un mariage arrangé est généralement vu comme quelque chose de très péjoratif et l’on considère souvent que la jeune fille a été forcée à prendre un homme pour époux. Dans certaines cultures en revanche, il s’agit de quelque chose de tout à fait normal.

  • Évitez à tout prix de noyer la personne que vous rencontrez sous des questions « clichées » : très souvent, les étrangers ayant appris que j’étais française me demandaient automatiquement des conseils pour choisir le vin (et je n’y connais absolument rien !) et essayaient de me dire des choses en français… qui étaient souvent incompréhensibles !

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